Retrouvez la synthèse des communications majeures du GI Cancers Symposium 2012
sous forme de brèves et diaporamas téléchargeables.
Dans cette étude de 101 patients, les auteurs rapportent 3 facteurs de mauvais pronostique chez des patients atteints de cancer gastrique avancé et prétraités par une 1ère ligne de chimiothérapie:
Lorsqu'aucun de ces facteurs n'est présent, la survie sans progression est doublée par rapport aux patients ayant les 3 facteurs de mauvais pronostic.
Le type histologique (intestinal vs diffus), le nombre de sites métastatiques ou la qualité de la réponse tumorale à la première ligne n'ont pas été retrouvés comme facteurs pronostiques en analyses uni et multivariées.
(D'après le poster de H. Hasegawa, ASCO GI 2012, abstract #105)
Docteur Benoist Chibaudel (Hôpital Saint-Antoine, Paris)
En monothérapie, l'alternance des prises (1 jour sur 2) par rapport à l'administration continue (4 semaines / 6) permet d'améliorer l'observance, la dose-intensité et la tolérance du traitement, sans impact négatif sur l'efficacité. En revanche, la durée du traitement adjuvant est allongée de 12 à 15 mois. (Nakamura S, abstract #114)
L'association de S-1 avec le cisplatine a été évaluée chez 61 patients japonais atteints de cancer gastrique réséqué avec curage ganglionnaire ≥ D2. Une comparaison indirecte avec les résultats de S-1 en monothérapie observés dans l'étude de phase III semble indiquer que l'on peut s'attendre à une amélioration des résultats de PFS et de survie globale pour les stades III (stades IIIA et IIIB).
(D'après le poster de D. Takahari, ASCO GI 2012, abstract #107)
Docteur Benoist Chibaudel (Hôpital Saint-Antoine, Paris)
Le schéma Iri - S a des progrès à faire …
En effet, l'association de S-1 et irinotecan (étude OGSG 0801) a été évaluée en situation adjuvante, selon les mêmes modalités qu'en situation avancée (S-1 80 mg/m², 3 semaines / 5 ; CPT-11 80mg/m² J1 et J15), pendant 4 cycles (140 jours). La faisabilité de ce protocole apparaît difficile, 38% des patients n'ayant pas reçu la dose planifiée. Les toxicités les plus fréquentes sont d'ordre hématologique (neutropénie G 3/4 13%) et extra-hématologique (anorexie G 3/4 15%, diarrhée G 3/4 13%, et fatigue G 3/4 11%).
(D'après le poster de Y. Kimura, ASCO GI 2012, abstract #142)
Docteur Benoist Chibaudel (Hôpital Saint-Antoine, Paris)
Cette question a été soulevée dans cette étude écossaise car le Pet scan a, certes une bonne valeur prédictive négative (95%), mais aussi une mauvaise valeur prédictive positive qui n'est que de 50% (c'est à dire que la moitié seulement des réponses métaboliques correspond à une réponse histologique). La réponse métabolique est définie comme une diminution de plus de 35% du SUV entre la valeur initiale et celle observée à J14 du traitement néo adjuvant. On sait par ailleurs que cette réponse métabolique est corrélée à la survie.
Une analyse du génome a été effectuée Ils ont effectué une analyse du génome sur des biopsies pré thérapeutiques chez 28 patients traités en néo adjuvant par une chimiothérapie à base de sels de Platine. Ces patients ont eu un Pet scan initial (J1 à J5) puis un à J14. Une validation de la technique a été faite préalablementLa technique a été préalablement validée sur une série de 154 patients opérés après traitement nèo adjuvant.
28 gènes d'intérêt dont l'expression est corrélée à la réponse métabolique chez 100% des patients ont pu être identifiés.
A partir des biopsies, l'expression de la leptine a été explorée en immunohistochimie. Quatre niveaux d'expression ont été identifés: négatif, positif (faible, modéré et fort). De manière intéressante, le niveau d'expression a une valeur pronostique (Fig 1). Les patients à fort niveau d'expression ont une meilleure survie comparés aux patients n'exprimant pas la leptine (p = 0,021). Ceux à niveau d'expression faible et modéré ont un pronostic intermédiaire. Ces résultats démontrent que l'expression de la leptine est un facteur prédictif de réponse (Fig2). Dans le groupe n'exprimant pas la leptine, les patients ayant reçu une chimiothérapie néo adjuvante ont une survie significativement améliorée comparée augmentée comparativement aux patients n'ayant pas reçu de chimiothérapie néo adjuvante (p = 0,038). Il n'y a, en revanche aucun impact de la chimiothérapie néo adjuvante dans le groupe à forte expression.
Les résultats de cette étude sont intéressants mais une étude à plus grande échelle est nécessaire pour les confirmer.
(D'après le poster de R. Petty, ASCO GI 2012, abstract #1)
Docteur Abakar Mahamat (Centre Hospitalier Universitaire, Nice)

Figure 1

Figure 2
L'étude AVAGAST est une étude internationale comparant, chez des patients porteurs d'un cancer gastrique avancé, une chimiothérapie à base de 5FU-Cisplatine versus cette même chimiothérapie associée au Bévacizumab. L'étude était négative sur son objectif principal, la survie globale (Y Kang, ASCO 2010 abstract 4007). On se souvient que les résultats de survie étaient meilleurs chez les patients européens et américains que chez les patients asiatiques.
Les auteurs ont analysé l'impact du traitement selon des sous groupes de patients : origine géographique, localisation anatomique sur l'estomac (proximal, diffus, distal) et biomarqueurs sériques (VEG-A) et tissulaires en particulier la protéine NRP-1.
Il ressort dans les deux groupes de traitement qu'une atteinte proximale est de meilleur pronostic qu'une atteinte diffuse. Les localisations distales ont un pronostic intermédiaire. Dans le sous groupe de patients occidentaux (Europe et Amérique) ayant une atteinte distale ou diffuse, on note une amélioration de la survie globale dans le groupe Bévacizumab comparativement au groupe Placebo (HR = 0,67 ; IC 95: 0,52-0,88). Un taux sérique élevé du VEGF-A ainsi qu'un faible niveau d'expression au niveau tumoral de NRP-1 semblent être des facteurs prédictifs de réponse au Bévacizumab (p = 0,07 et 0,06 respectivement).
On s'oriente donc vers un traitement à la carte des cancers gastriques avancés.
(D'après le poster de M. A. Shah, ASCO GI 2012, abstract #5)
Docteur Abakar Mahamat (Centre Hospitalier Universitaire, Nice)
Le Tesetaxel est un taxane oral dont les études pharmacologiques préliminaires montrent des concentrations cellulaires bien plus élevées qu'avec Paclitaxel ou Docétaxel intraveineux. Il a été testé chez des patients en deuxième ligne répartis en trois niveaux de doses : A (n : 13) 40mg/j avec une augmentation de 5-10 mg selon la tolérance ; B (n:13) initiation à 50mg/j puis augmentation de 10mg selon la tolérance, C (n: 15) initiation à 27mg/m² avec augmentation à 35mg/m² si la tolérance le permet. L'objectif principal était le taux de réponse. La médiane de survie après un suivi de 12 mois n'est pas atteinte dans le groupe C alors qu'elle est de 7,6 mois et 7,5 mois respectivement pour les groupes A et B. Ce résultat est du niveau de celui qu'on obtient avec les autres traitements utilisés en deuxième ligne. La tolérance est acceptable. Les auteurs prévoient une étude de phase 3 qui testera la Capécitabine associée ou non au Tesetaxel. Résultats intéressant : à suivre
(D'après le poster de J. Ajani, ASCO GI 2012, abstract #47)
Docteur Abakar Mahamat (Centre Hospitalier Universitaire, Nice)
On sait d'après Miettinen qu'en plus de la taille et de l'index mitotique, le pronostic des GIST dépend du siège primitif de la tumeur sur le tube digestif (estomac, grèle, colon-rectum). Par contre l'impact pronostique des autres localisations (péritoine, rétropéritoine, mésentère..) n'est pas très clair.
Cette étude du registre américain a analysé une série de 2.591 GIST opérées entre 1996 et 2008 dont 261 (10%) avaient une origine en dehors du tube digestif et 2230 (90%) une origine digestive.
Comparativement à la localisation digestive, les GIST en dehors du tube digestif sont de plus mauvais pronostic : plus d'atteinte ganglionnaire (42,5% vs 18,6% ; p < 0,001), plus de récidive à distance (28,8% vs 15,6% ; p < 0,001) et une moins bonne survie globale à 5 ans (62% vs 70% ; p = 0,002). En analyse multi variée, la localisation en dehors du tube digestif est un facteur indépendant de mauvais pronostic (HR = 1,28 ; IC 95% {1,02 - 1,62} p = 0,03).
On peut donc considérer les sites hors tube digestif comme des localisations de mauvais pronostic.
(D'après le poster de M. L. Guye, ASCO GI 2012, abstract #2)
Docteur Abakar Mahamat (Centre Hospitalier Universitaire, Nice)